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La cantine scolaire de Dothémare avait du mal à contenir les militants et sympathisants de la Force de rassemblement abymienne pour le progrès (Frapp) réunis mercredi soir, à la cantine de Dothémare, pour désigner leur candidat à la cantonale partielle du mois prochain. Patrick Sellin, Marie-Camille Mounien, Dominique Biras, Marie-Hélène Jacoby-Koaly, Max Céliny, Jean-Claude Farial, et Chantal Lerus sont candidat à la succession du maire Eric Jalton, qui a démissionné de ce canton en raison de son cumul de mandats. Pour Eric Jalton, qui est par ailleurs président de la Frapp, ce canton est stratégique. Ouvertement, il affiche sa préférence pour Chantal Lerus, à l'issue des auditions. Il n'y a pas eu de vote, mais une série de désistements qui ressemblent à une partition bien exécutée.
Éliminations, désistements... La seule fausse note, pour le moment, est le maintient de la candidature de Marie-Camille Mounien. Si elle se retirait, Chantal Lérus se retrouverait seule candidate de la Frapp. L'oeuvre sera alors achevée. Le problème est que Marie-Camille Mounien est déjà investie par la Fédération socialiste et risque de se trouver face à Chantal Lérus dans le canton. 20 h 10, Dominique Biras, appelé à motiver sa candidature, est absent. « Une fois, deux fois, trois fois. Eliminé! » , annonce la voix grave d'Eric Jalton. Jean-Claude Farial est appelé. « Il était là tout à l'heure » , murmure-t-on. « Il est en train de garer sa voiture » , reprend Eric Jalton, qui vient de recevoir le message de la salle. « J'appelle alors Marie-Hélène Jacoby-Koaly qui, elle, est déjà bien garée sur sa chaise! » , lance alors Eric Jalton. Le temps que la candidate s'installe derrière le micro, le maire tire un nouveau trait sur la feuille posée devant lui en disant : « Jean-Claude Farial fait dire qu'il retire sa candidature. » Marie-Hélène Jacoby-Koaly s'exprime durant une dizaine de minutes. Puis Max Céliny est appelé. Il annonce son intention de se mettre au service de son groupe et annonce, sous des applaudissements nourris, qu'il retire sa candidature.
Ne restent que deux candidates Marie-Camille Mounien se présente, suivie de Chantal Lérus. Cette dernière fait remarquer qu'aucun des cinq cantons de la ville n'est représenté par une femme, et qu'il faut un représentant disponible dans ce canton, un représentant qui n'a aucun autre mandat politique. « Tous les candidats masculins se sont retirés pour le moment. Il en reste un seul : Patrick Sellin. Si ma candidature est retenue, je ferai de lui mon colistier! » , conclut-elle. Le public applaudit à tout rompre. Patrick Sellin acquiesce. Il vient se positionner à côté de l'oratrice. La cause est visiblement entendue. « Je ne peux refuser une telle invitation! » , lance, plus tard, Patrick Selin, dans un discours émouvant. Éric Jalton donne sa position, avant d'inviter les militants à en faire autant. Certains évoquent le cumul de mandat du maire Eric Jalton. D'autres demandent un vote démocratique ou souhaitent que ce soit une candidate proche du public qui soit désignée. Marie-Helène Jacoby-Koaly finit par retirer sa candidature. Il n'y a pas de vote, mais dans l'esprit collectif, la candidate désignée est Chantal Lérus. Il espère que Marie-Camille Mounien retirera sa candidature, ce qui faciliterait les choses pour la Frapp.
Réactions
Mounien se donne le temps Marie-Camille Mounien, secrétaire de la section abymienne de la Fédération du Parti socialiste, a déjà reçu l'investiture de son parti et espérait un soutien de la Frapp. Va-t-elle maintenir sa candidature dans ce canton, même sans le soutien de la Frapp et ainsi ouvrir une brèche dans l'unité de son groupe ? Elle se donne le temps de la réflexion, « le temps de digérer tout ce que j'ai entendu à cette réunion » , dit-elle. En tout cas, elle refuse d'être « la candidate de la divergence » , ce qui en dit long sur la décision qu'elle s'apprête à prendre.
Le choix d'Eric Jalton Pour lui, la candidate idéale est Chantal Lérus. Il promet de tout faire pour que Patrick Sellin soit en position d'éligibilité sur la liste des régionales de mars prochain, sans citer sur quelle liste d'ailleurs. A Marie-Hélène Jacoby-Koaly, il rappelle qu'il a besoin de son entière disponibilité à la municipalité. Quant à Marie-Camille Mounien, en dépit de son long parcours de militante, elle est quatrième adjointe au maire et conseillère régionale élue sur la liste La Guadeloupe pour tous, de Victorin Lurel. Si elle devient conseillère générale, elle risque de tomber sous le coup de la loi du cumul des mandats et d'être obligée de démissionner de son plus ancien mandat, donc du conseil régional. Or, de l'avis d'Eric Jalton, la ville des Abymes ne peut se permettre de perdre un conseiller régional.
Article écrit par Harry MAPOLIN, publié dans le France-Antilles du 16 octobre 2010. |