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Madame le Secrétaire d'Etat chargée de l'Outre-Mer,
Je vous demande instamment et solennellement de faire respecter la parole de l'Etat en ce qui concerne l'application des accords du 04 mars 2009, signés entre le Représentant de l'Etat , le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon (LKP), la Région Guadeloupe et le Conseil Général de Guadeloupe. Vous avez déclaré, vendredi 09 octobre 2009, pour le déplorer lors de votre dernière visite en Préfecture de Guadeloupe devant les Maires de Guadeloupe, qu'une « chape de plomb » s'était installée sur la Guadeloupe. Votre Gouvernement porte une très lourde responsabilité dans l'instauration de ce climat de défiance envers la parole publique étatique. En effet, en dépit de mes avertissements répétés, votre récente décision d'augmenter les prix du carburant en Guadeloupe - principalement motivée par l'idéologie ultralibérale qui guide l'action politique du gouvernement auquel vous appartenez - ne contribue aucunement à rétablir ce climat de confiance. La mise en place du Revenu Supplémentaire Temporaire d'Activité( RSTA) ne satisfait en rien une large tranche de la population dont les revenus sont inférieurs à 1.4 SMIC hors primes et accessoires. Ceci en violation flagrante des accords BINO et du 04 mars 2009 signés par le Préfet de Région, le LKP, le Président du Conseil Régional et le Président du Conseil Général de Guadeloupe . Cette mise en place du RSTA , jusqu'ici quelque peu chaotique a une fois de plus ternie dans l'opinion publique guadeloupéenne, l'image des décideurs publics et leur volonté de respecter la lettre et l'esprit des engagements pris devant la Population de la Guadeloupe. Ce complément de salaire mensuel, à l'origine, négocié avec les partenaires sociaux, a progressivement été transformé en allocation trimestrielle. Les bénéficiaires du RSTA sont désormais victimes d'un dol indirect par l'amputation de leur Prime Pour l'Emploi ( PPE) qui permet à votre gouvernement de réduire à leur détriment, le service du RSTA d'au moins 300 millions d'euros... L'application du Revenu de Solidarité Active (RSA) est renvoyée en janvier 2011. Cette mesure est inique au regard de l'urgence sociale. Elle prive de nombreux guadeloupéens du bénéfice du RSA qui constitue une allocation de solidarité nationale, dont le report d'application en Guadeloupe, ne se justifie nullement. D'autant que ce report prive de nombreux jeunes Guadeloupéens du bénéfice du « RSA JEUNES », alloué récemment à leurs homologues de l'Hexagone face à une Guadeloupe médusée, où le taux de chômage des jeunes bat les plus sombres records et alimente la brisure des liens sociaux. L'équité et le respect des accords du 04 mars 2009 n'opposent pas RSA et RSTA comme vous le faites ouvertement. Ces deux dispositifs sont explicitement inscrits dans le relevé de décision remis aux signataires des accords du 04 mars 2009. Le RSA y fait même l'objet d'une enveloppe budgétaire complémentaire pour sa mise en place au profit des personnes en situation précaire ne bénéficiant pas du RSTA. Alors, afin de ne pas provoquer une nouvelle crise sociale qui prendra, vraisemblablement, la forme de nouvelles grèves générales pour cause de non respect des engagements pris, et pour lesquelles le gouvernement portera, je le répète, seul l'entière responsabilité, je vous invite à mettre en œuvre pleinement ces deux dispositifs, sans les opposer, sans tour de «passe-passe budgétaire » du type de celui prévu sur la Prime pour l'Emploi , pour tenter de redonner quelque crédit à la signature étatique.
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